Réponse à un thésard

Sidi Abderrahman Casablanca

Monsieur,

En art, pour moi, il n y a pas de place pour le nationalisme et les frontières tracées car l’art authentique, fait de transcendance et d’inattendu, est universel.

Je ne suis d’aucun attelage. Je n’admets pas que l’on m’enferme dans une tendance ou que l’on m’aligne sur le moindre ordre pseudo-artistique.

Je n’ai rien à voir avec l’art dit contemporain au sein duquel l’artiste me semble enchainé à une chaine de montage comme jadis l’ouvrier à celle des Temps Modernes de Chaplin, sans plus de valeur qu’une pièce de rechange.

On est là à l’inverse de l’Art et de la Vie.

Sidi Abderrahman Casablanca

Bien que viscéralement attaché à mon pays, je n’accepte pas d’être étiqueté « artiste marocain » ; si je suis une « valeur marocaine », je n’accepte pas davantage d’être réduit à ma nationalité. Car, identifier un artiste par sa nationalité, non par la force qu’il a jeté dans son travail ni par ses capacités à donner un sens à la vie, à la mort, est inacceptable.

C’est une invention des colonialistes, des négriers des foires d’art et des racistes culturels.

Cette ghettoïsation culturelle est pernicieuse parce qu’elle standardise, industrialise. Sous son joug, tout devient pareil, facile, vain ou, pire, idéologique…

Alors, cette erreur, s’il vous plaît, ne la répétez pas sans y avoir réfléchi avant en profondeur.

Convertissez-vous à votre propre culture.

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