
Monsieur le Premier Ministre,
Il y a quelques années, vous aviez visité mon exposition QASIDA NOIRE au Musée National Mohammed VI. Vous m’aviez alors montré que vous saviez distinguer le vrai artiste du faux – J’en ai gardé un bon souvenir.
Vous aviez même dit au cruel Hdidane votre intérêt d’acquérir une œuvre. Projet, hélas, resté sans aucune suite.
À Venise, c’est une tout autre histoire. Il suffisait de vous voir au Pavillon des tricheurs, de ceux qui ne représentent qu’eux-même et que je peine à ressentir comme des compatriotes. Votre visage en disait plus long que votre silence : vous essayiez d’apercevoir quelque chose, mais vous ne voyiez rien venir et vous ne compreniez pas ce que vous voyiez. C’est évident, c’est tellement humain – Personne ne comprend le vide, même hissée au rang de création nationale.

L’ignoriez-vous ? Vous faisiez là face à la toile d’araignée tissée par la malédiction Qotbi en planque derrière un pseudo-jury indépendant dont la décision finale n’était que mascarade, ficelée en amont et en coulisses par un cartel d’entre-soi sans foi ni loi. Par quel miracle – hors son intérêt propre, toujours premier servi – Qotbi a-t-il pu déceler en ces blêmes tentures une œuvre susceptible de représenter l’artisanat de notre pays ?!
Je sais de quoi et de qui je parle : ma mère tissait des tapis et la lumière qui circule au coeur de mon travail depuis des décennies, je la dois à celle de la bougie qu’enfant, je tenais pour éclairer ses mains agiles la nuit…
Ma question demeure : pourquoi l’appel à candidatures n’a-t-il été lancé qu’en français, et non en arabe et en amazigh, nos deux langues officielles ?
Difficile de ne pas en déduire que les dés étaient pipés d’avance : Que la corruption s’impose partout comme un droit dans mon pays.
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