
Votre article ne mérite pas cette réponse mais je dois vous aider à rétablir la vérité auprès de vos lecteurs. Eux, la mérite.
Soit vous ne vous êtes pas assez informée des faits et vous êtes laissée induire en erreur ; soit vous avez choisi de les ignorer. Peu glorieux, dans un cas comme dans l’autre.
D’abord, très aimable à vous de m’accorder le titre d’«initiateur du projet», façon élégante de m’enterrer vivant et de réduire à néant vingt ans de mon combat pour la formation de nos jeunes, qu’incarne « La Maison de la Photographie »!
Ensuite, je vous cite : « Pour donner corps à son projet, l’architecte japonais s’est appuyé sur l’agence marocaine H+E Architecture, chargée d’adapter ses plans aux contraintes du site. Et elles étaient nombreuses. La découverte des arches patrimoniales qu’il fallait préserver a changé la donne. »
Tiens donc.
H+E Architecture — Houda Aourarhi — imposée par Mohamed Aouzai, alors directeur de l’Agence Urbaine de Casablanca, sans l’appel d’offres que la loi exige et malgré mes protestations. Première amorce d’un détournement du projet initial. Naïf que je suis, j’ai écrit au président de l’ordre des architectes, mais c’était un coup de bâton dans l’eau.
J’y reviendrai.
Car, qui a déniché le terrain, mobilisé ses relations personnelles pour rencontrer cet immense architecte au Japon et le convaincre, sur la foi de son projet, eu égard à la proximité de leurs deux démarches artistiques, de s’y engager ?
Touhami Ennadre.
Qui a apporté les images du site et le relevé du terrain réalisé par les architectes du cabinet de Rachid Andaloussi à Tadao Ando ?
Touhami Ennadre.
Qui a expliqué à Ando qu’il était vital de préserver l’ancienne arche historique, la belle pierre, et même les très anciens palmiers, dès leur première réunion à Osaka en 2013 ?
Touhami Ennadre.
Qui a détaillé ce qu’on appelle le « programme » de l’édifice auquel devait répondre la proposition du célèbre architecte ?
Touhami Ennadre.
Tout ce sur quoi s’appuiera, dès sa première version, la maquette d’Ando.
Ennadre-Ando : indissociable. Un fait en béton.
Aucun Qotbi, ne me prendra l’intime complicité entre nous qu’incarne désormais le bâtiment qui se dresse à deux pas de ma maison d’enfance.
Enfin, c’est en personne que je présenterai ce projet à Sa Majesté en 2014. Et c’est son objectif d’intérêt général – un lieu d’ouverture au monde et de formation dédié à notre jeunesse, en priorité, la plus défavorisée d’où le choix de son implantation au coeur de l’ancienne médina où je suis né – qui L’a enthousiasmé au point de décider d’en financer le bâti.
La suite est aussi limpide que glauque. Et la convention de dernière minute derrière laquelle se cachent ses signataires pour entériner la spoliation des vrais destinataires de « La Maison de la Photographie » n’y pourra rien.
Quoi qu’on puisse écrire de malfaisant ou colporter d’erroné, « La Maison de la Photographie » sera toujours celle de la jeunesse de la médina. C’est pour elle qu’elle a été conçue. C’est pour elle qu’elle existera.
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