EXPOSITION SOULAGES AU LOUVRE

Résurrection Cappucini di Palermo

Quelques mots de l’exposition Soulages au Louvre dont j’ai encore du mal à m’extraire. Ou plutôt, à me débarrasser… Quel naufrage!

Que fait le public, ballotté, tassé dans cette salle comme dans un couloir de métro aux heures de pointe, sans recul ce qui rend impossible tout dialogue, toute interaction, entre son regard et l’œuvre ? Déjà ça, pour moi, c’est inadmissible.

Que font les tableaux de Soulages dans cette pièce terne de l’ancien temps sans aucune mise en lumière mais noyées sous le néon à la mode d’autrefois ?

Enfin, éteintes… éteintes à moitié puisque seuls, le plafond et le haut des tableaux qui font plus de quatre mètres, sont éclairés. Annulé, le reste de l’œuvre. Aucune mise en lumière…

Mais si, m’assure-t-on : l’artiste était aux manettes. J’ai du mal à le croire tant cela ressemble à une installation d’électricien. Il ne manquait plus que les spots comme dans les salles opératoires ?!

Lumière, lumière, outre-noir, outre noir, nous serinent à longueur d’interviews Pierre Soulages et Alfred Pacquement. Sur l’une des vidéos disponibles qui font l’article de l’événement via internet, découverte plus tard, l’on voit en effet que le système d’éclairage, fixé au plafond, lui-même trop haut, est partiel et non réglable. L’on y entend même l’artiste hausser la voix pour stimuler le technicien qui opère : « Lumière, lumière, lumière! » Alors que le néon, implacable, ne fait aucune différence entre les murs clairs et ses tableaux noirs, c’est kif-kif !

Je ne suis pas aveugle, la lumière, c’est mon univers.

Enfin, la vraie lumière. Celle qui naît au moment où l’on éclaircie, noircie, sa peinture. Car c’est ce qu’elle capte qui est lumière. C’est cette association, cette combinaison, qui donne sa vraie lumière à la création, la seule à savoir faire parler les ombres…

Il y a longtemps que Soulages ne joue plus aux dés et refait du Soulages. Loin de lui, désormais, le hasard, la pulsion, ce qui allume une œuvre, ce qui donne un sens à la création.

S’il fallait imposer un artiste contemporain au Louvre dont le rôle pédagogique d’encyclopédie doit, selon moi, rester primordial, pourquoi ne pas confronter le travail de Soulages lorsqu’il créait encore, à celui des peintres d’époques antérieures, tout aussi obsédés que lui par l’énigmatique profondeur que font naître les jeux d’ombre et de lumière à la surface d’une toile ?

Mais, dans cette salle carrée maussade, muette, il s’est passé quoi ?

J’en ai mal au cœur. 
J’en ressors ulcéré.

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