JACK ET MONIQUE LANG, Les Thénardier de l’Institut du Monde Arabe (première partie)

Sourate Murale, Maroc

Il y a maintenant plus d’une décennie que Jack Lang s’encroûte à la tête de l’IMA qu’il encroûte à son tour. Pressé par le fossile, le Président Macron n’avait pu lui tenir tête très longtemps et s’était incliné : Lang conserverait son poste en toute impunité. Et l’habile avide sait si bien surfer sur notre confusion, sur notre inertie, que personne ne s’est interposé à haute voix. Est-ce en raison de quelque subreptice convenance ou par indifférence pour la destinée de l’institution que les médias et les réseaux ne pipèrent mot ?

Si un Arabe s’était comporté comme Jack Lang, dans l’instant, le scandale aurait fait le tour du monde dans un tonnerre de polémiques racistes. Mais sa nomination passera comme une lettre à la poste. Ceux qui briguaient SON poste en seront pour leur frais, victimes du système phagocyte de notre sujet.

Face à lui, qui peut faire le poids ?
Aucun de ses prédécesseurs n’avait osé enchainer ainsi quatre mandats.
Au nom de quoi ?
Au nom de qui ? De lui.

Coutumier du fait, l’agrégé en droit public piétinera sans vergogne les statuts de l’IMA qui limitent les mandats à deux consécutifs de trois ans à sa tête. Puis, dans l’élan – pourquoi se gêner – éjectera l’autre président, celui du conseil d’administration.
Deux trônes pour une seule paire de fesses, rien que ça.

Avant l’ère Lang, le président du conseil d’administration représentait l’État français et ne se mêlait pas du programme culturel.
Le directeur général et le directeur des affaires culturelles arabe, en charge de la programmation, devaient être de langue et de culture arabe.

Lang les a éliminés en douce mais non sans violence, pour déployer à leur place son gang de béni-oui-oui rampants, de courtisans momifiés et muets hors son ardente glorification, orchestrée par Monique Lang, et une garde vigilante autour de lui.

Depuis qu’il règne sur l’IMA, Jack Lang nous infériorise après nous avoir expulsé de notre propre patrimoine et subtilisé l’essence de notre vie.

Sans être pénétré par l’esprit oriental, il nous domine, règne en souverain absolu, collé à l’IMA comme un vieux timbre fiscal sur son pare-brise poussiéreux. Sa belle, scotchée à ses côtés.
Jamais l’un sans l’une.

Pour Jack Lang, il n’existe qu’un seul monde arabe : le sien.
Il nous impose d’être tels que lui veut que nous soyons, affaiblis, soumis, et là où il exige que nous restions, dans son ombre.
Ce Minotaure insatiable nous re-colonise par la culture arabe à sa façon en plein cœur de Paris.
Incroyable, non ? Mais vrai.

Je ne connais aucun peuple qui laisserait tomber son patrimoine culturel aux mains de gens qui ne parlent même pas sa langue, qui ne reconnait pas notre regard, notre oreille. Il s’est approprié notre histoire et aucun de nous n’y trouve rien à redire. Imaginez un chant arabe joué sur un luth par des interprètes qui n’entendraient rien à cette musique dans un silence de soumis lèche babouches.

Je pose la question : pourquoi adoptons-nous cette attitude de dominés ?
Où est passé notre fierté d’être qui nous sommes et notre sens de l’honneur ?!

Autrefois, chez nous, nantis et fauchés les revendiquaient avec force. Aujourd’hui, pour les uns comme pour les autres, ce qui compte, c’est de mimer l’American Way of Life.

En effet, bien que je ne sois qu’un artiste, je considère de mon devoir d’Arabe de dénoncer les agissements de Jack Lang. Je m’en tiendrai aux faits et tant pis si je pose le doigt sur la plaie :  je me dois de mettre en lumière le détournement par Lang dit le Rongeur des statuts de l’IMA et l’absence de maîtrise de notre histoire que nous avons perdue avec le dévoiement des missions de l’institution.

Rappelons-nous que l’Institut du monde arabe est un projet de Valéry Giscard d’Estaing. C’est lui qui en a posé les fondements et les statuts qu’aujourd’hui, Jack Lang monopolise.

Où est donc passé l’homme de vision et de culture ?
Qu’est devenu l’amoureux de l’artiste ?

Qui est ce Lang qui nous impose un scénario d’inspiration “suprémaciste“ qui prévoit de supprimer d’abord nos racines pour mieux se hisser au-dessus de nous, légitimer le pouvoir sur nous et décider de notre destinée.

Résultats : nous en sommes réduits à jouer les chameaux de manège, vides de nous-mêmes comme des zombies.

À mesure que les années passent, c’est une évidence, notre patrimoine relève désormais du domaine privé de Jack Lang. Lequel s’est emparé de l’IMA comme s’il lui avait été légué par ses ancêtres ce qui l’autorise à le transformer en une entreprise personnelle. L’IMA n’est plus l’institut des peuples du monde arabe mais la « Lang & Cie ». L’ex-ministre de la culture a exploité la connivence aveugle de nos élites pour le subtiliser dans un silence assourdissant.

Pourtant nous sommes à Paris, la Mecque de notre culture, plus riche que n’importe quelle autre capitale arabe tant elle foisonne d’intellectuels et d’artistes, d’écrivains et de poètes, de musiciens, de plasticiens et de cinéastes, tous riches de la double appartenance culturelle.

Comment admettre qu’à l’Institut du monde arabe, nous suscitions une telle indifférence ? Que le directeur général, Arabe lui, ne soit là que pour les salamalecs. Un poste cache sexe, juste troussé pour dissimuler la suprématie du “Lang land“ et asseoir notre soumission.

Jack Lang a mis fin à la parution de “Qantara“ sans que personne ne proteste, pas même nos penseurs initiés qui sont mieux armés que moi.

Je repose la question : pourquoi ce silence ?

Aucun des lieutenants et autres conseillers culturels présumés, Claude Mollard, en tête, n’est apte à comprendre les subtilités de notre esprit.

Qu’importe : Lang s’est mis en tête de faire notre bonheur malgré nous. Et de recruter la directrice du musée et des expositions… à Montréal.

Et ce n’est pas une flèche car, gare à qui brille aux côtés de Jack et Monique Lang, censeure incontournable !

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