
Il me faut vous dire que Rachida Dati n’est pas ma tasse de thé à la menthe.
Mais il y a de quoi dégueuler à écouter les commentaires répugnants à son encontre. On se sent atteint dans sa dignité d’homme, dégoûté jusqu’à l’écœurement.
Toujours ce même bruit de fond des journaleux réactionnaires dont l’aveuglement sculpte le visage, qui me fait revivre l’indifférence sinon l’hostilité de nombre des décideurs culturels du pays où j’ai grandi. Ce pays qui a fait de moi le Français-citoyen du monde que je suis si fier d’être mais que je dois fuir.
Poussé dehors par ces décideurs culturels parisiens qui jugent insupportable qu’un Arabe développe son propre style hors toute influence et refuse d’être le maghrébin de service. J’ai assez souffert de leurs comportements.
Dernièrement, sur une radio, Frédéric Mitterrand conseillait R.D avec ce même excès d’assurance que masque mal le trait d’humour :
« Elle n’y connaît rien mais ça ne fait rien… C’est pas grave !“
Se serait-il exprimé ainsi à propos des prédécesseurs de Rachida Dati ?
Frédéric est né coiffé sans l’élégance de l’admettre.
Le Ministère de la culture est depuis longtemps un dépotoir et un moulin à vent. Sitôt nommés, sitôt virés, sitôt oubliés.
J’ai en mémoire deux grands ministres : André Malraux et Michel Guy ou l’anti Jack Lang. Ce n’est pas lui qui se serait fabriqué une figure artificielle, flasque comme un œuf dur mal cuit. Les seuls défauts de Michel Guy : détester le mensonge et la publicité. À titre personnel, comment oublier qu’après être passé voir ma première exposition à la Cité des arts, un peu par hasard, il m’avait adressé le lendemain un bristol pour m’encourager à poursuivre mon travail ?!
On est loin d’un Jack Lang qui privatise en douce l’IMA, s’y expose sans vergogne ou y place ses élus. Lang et ses promesses de vent…
Je me rappelle qu’à l’époque de Sarko, les envieux traitaient Rachida Dati de ministre gadget. Que sont-ils devenus ? Rien, Elle, elle est toujours aussi présente et vigoureuse. D’où la hargne nauséabonde de ses détracteurs lorsqu’ils la moquent sur les médias.

Et moi, photographe inclassable au parcours d’un demi siècle, reconnu d’ailleurs mais pas d’ici, la discrimination, j’en sais un bout. Jugez en.
- Aucune exposition dans un musée français, aucune participation aux RIP d’Arles où, pourtant, j’étais primé dès mes débuts, en 1976 ; même pas invité l’année où les Rencontres fêtait tous ses lauréats ; pas davantage au mois de la photographie à Paris…
- Le dédain du conservateur du département de la photographie au centre Pompidou, malgré sa connaissance de mon travail depuis très longtemps et le partage du même palier durant cinq ans.
- L’exclusion du “Panorama de l’esthétique du Noir et blanc“, issu des collections de la BnF auxquelles leur conservatrice prétendit vouloir m’intégrer dans les règles après la maldonne de ses services.
Etc.
Ceci, bien que, dans l’histoire de la photographie, aucun photographe n’ait fait, comme moi, un travail de lumière sur des grands tirages ; qu’aucun photographe ne façonne lui-même chacun d’eux, ce qui les rend uniques.
Dès qu’un négatif les satisfait, la plupart des héros de la photographie le confient à un laborantin : qui l’ignore encore ?
En France, la montée de ce racisme rampant a remplacé la morale et le professionnalisme.
C’est cette atmosphère plombée que j’ai fui vers mon pays d’origine. Hélas, là, les flatteurs, les corrupteurs et les casés en ont installé une semblable, irrespirable. J’ai hérité de la double peine.
Comment ne pas être au fond du désespoir si aucune campagne de salubrité n’est lancée d’un bord à l’autre de la Méditerranée ?!
La nomination de Rachida Dati me fait plaisir.
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