
Quand le commentateur devient accusateur
Une vidéo circule montrant un soi-disant journaliste sportif vociférer que le Maroc aurait « acheté » la Coupe d’Afrique — accusation grave, infâme, sans la moindre preuve, qui relève moins du journalisme que du fantasme suprémaciste le plus rance.
J’ai la nausée. Dans cette vidéo, on ne voit pas un commentateur sportif, mais un homme qui voulait voir notre équipe éliminée, laissant son ressentiment tenir lieu d’analyse. On voyait la haine lui sortir par les crocs : ce perroquet au verbalisme haineux confondait ses ressentiments personnels avec la réalité du terrain. Aucun regard sur le jeu, aucune lecture du match Cameroun–Maroc, aucun respect pour le football. Seulement du « moi », de l’aigreur et des accusations infâmes.
Qu’un journal sportif comme L’Équipe confie un commentaire de la CAN à un tel personnage est une honte. Cet exécrable CANnulard a utilisé le match Cameroun–Maroc non pas pour analyser le jeu, mais pour déverser sa malveillance sur un peuple entier. Plus grave encore : aucun confrère pour le contredire, aucun garde-fou, aucun rappel à l’éthique.
À aucun moment ce vendu n’a proposé une analyse digne de ce nom. Rien sur le jeu, rien sur la tactique, rien sur le rapport de forces. Seulement du « moi, moi, moi », du ressentiment brut, de la mauvaise foi. Parle du match, rancunier !
Ce qui le rendait particulièrement odieux, c’est qu’il était manifestement plus attiré par la haine envers notre équipe que par l’amour du football. Nous étions à des années-lumière d’un Omar da Fonseca, capable d’aimer le jeu avant d’aimer ses opinions. Incapable d’accepter ce qu’il voyait, il s’en est pris à l’arbitre parce que celui-ci ne validait pas ses fantasmes.
Il voulait voir l’équipe du Maroc éliminée ; cela se lisait sur son visage, dans sa bouche tordue par le ressentiment. Ses désirs tenaient lieu de réalité, sa rancœur d’analyse.
Aucune analyse, accuser sans preuve : une faillite journalistique
Rappel élémentaire : ce n’est pas l’arbitre qui tire au but. Zéro tir cadré pour les joueurs camerounais. Ça ne t’a pas sauté aux yeux ? Est-ce aussi la faute de l’arbitre ?
Si ce haineux avait fait son métier loyalement, il nous aurait d’abord livré son analyse du match au lieu de déverser sa rancœur sur notre peuple.
Une analyse honnête aurait montré que le Maroc a produit du jeu, campé dans la surface adverse, imposé son rythme, le Maroc les a domptés, tandis que le Cameroun n’a jamais trouvé de solution : relances imprécises, aucune dynamique, aucune créativité, aucun tir cadré. Du déchet, du cafouillage pendant 90 minutes. Une équipe méconnaissable, bien loin de l’héritage d’un Roger Milla et de ce que fut jadis le football camerounais. La différence de niveau était nette — encore faut-il avoir l’honnêteté de la reconnaître.
Rien de cela n’a été analysé. À la place, l’arbitre a été pris pour cible — comme si l’arbitrage pouvait expliquer l’absence totale d’efficacité offensive d’une équipe pendant 90 minutes.
Certes, il y avait penalty pour le Cameroun, mais une analyse loyale aurait également relevé que certaines décisions arbitrales auraient pu bénéficier au Maroc, notamment deux penaltys après des fautes manifestes sur Saibari et Ezzalzouli. Mais ces éléments ont été passés sous silence, car ils ne servaient pas le récit accusatoire. S’il y a eu des erreurs d’arbitrage, elles allaient dans les deux sens.
À la Coupe du monde, en demi Finale France-Maroc, l’arbitre n’a pas sifflé un penalty pour le Maroc, on t’a pas entendu, avec vous c’est toujours le deux poids deux mesures. Mais je n’irai pas plus loin sur ce point.
Ce qui est en cause ici n’est pas seulement un individu, mais une dérive : celle d’un journalisme d’opinion débridé, affranchi des faits, où l’accusation tient lieu d’analyse et où le soupçon remplace le travail.
Accuser sans preuve, c’est abîmer le sport. Laisser faire, c’est abîmer la presse.

Je sais en revanche une chose : ce qui rend ces esprits suprémacistes jaloux et agressifs, c’est aussi cela — au Maroc, les stades sont beaux, aux normes internationales et notre peuple est magnifique. À titre d’exemple, les policiers marocains à l’entrée du stade qui ont soulevé une jeune Algérienne handicapée sur sa chaise roulante comme si elle était leur propre enfant et l’ont accompagnée jusqu’à son siège.
Voilà le réel. Voilà ce que la haine ne supporte pas : une humanité simple, visible, indiscutable, qui dément leurs fantasmes sans avoir besoin de répondre.
Nous traversons un cycle où l’invective et la suspicion tendent à se substituer à l’analyse, y compris dans des espaces qui devraient rester régis par la rigueur et l’honnêteté intellectuelle. Le rappeler n’est ni excessif ni partisan : c’est une exigence minimale pour qui croit encore au rôle du journalisme.
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