
J’avais écrit ce texte quelques jours après la nomination de Walid Redragui mais n’ai pu le poster jusqu’ici…
Quelle bonne nouvelle!
Et ça fait des années que je l’attends! Enfin, c’est un fait : toutes mes félicitations à Walid Regragui et aux décideurs qui l’ont soutenu.
Avant même de prendre les rênes de l’équipe nationale, Regragui a déjà marqué, gagné un match et révélé ses qualités de tacticien. En plus, on est sûr qu’il ne méprise pas son peuple et qu’il ne lorgnera pas que du côté des Marocains qui jouent à l’étranger. J’imagine qu’il fera une belle coupe du monde.
La Croatie n’est décidément plus ce qu’elle était…On a le droit de rêver!
Nous n’avons pas commencé à jouer au foot hier matin, nous sommes une nation footballistique ancienne, le foot coule dans nos veines : alors, pourquoi ne pas faire confiance à un Marocain ? A-t-on oublié que c’est Zaki qui a emmené la sélection en finale de la coupe d’Afrique ?
Qui veut encore de ces coachs qui se vendent au plus offrant, qui snobent ceux qui les ont choisi dont ils n’ont ni la culture ni la fibre nationale ? Et qu’ont ils apporté, ces mercenaires, bien qu’ils aient coûté très cher, si ce n’est une désillusion programmée ?
Ont-ils fait mieux que ne l’aurait fait Zaki ? La réponse est non.
Installer un non Marocain à la direction de l’équipe nationale, n’est-ce pas aussi admettre notre infériorité, prétendre que nous sommes de simples exécutants sinon des joueurs mineurs… Chaque fois que les décideurs de la fédération ont installé au poste d’entraineur un sorcier blanc, j’ai d’abord été submergé par la honte puis par la colère à me demander pourquoi pas l’un de ces joueurs nationaux qui nous avaient tant enchanté et si souvent relevé le moral ?
Pourquoi ce poste leur était-il systématiquement refusé ?
J’ai toujours trouvé injuste, choquant, que ces grands joueurs talentueux qui avaient mouillé leur maillot pour l’équipe nationale, qui avaient même refusé de jouer pour l’équipe de France, de Belgique ou de Hollande parce qu’ils étaient binationaux, arrivés à la retraite, soient abandonnés. Jetés comme des mégots qu’on a fumé jusqu’au bout. Tout ça, pour se tourner vers l’un de ces sorciers blancs qui, le plus souvent, n’ont même pas dirigé leur propre équipe nationale. Preuve qu’ils ne sont pas si géniaux sinon, croyez-moi, on ne les aurait laissé partir entrainer une équipe adverse!
Je me souviens, j’étais à Tokyo lorsque Vahid Halilhodzic s’est fait jeter peu de temps avant le début de la coupe du monde.

Pourquoi ?
En raison de son manque de respect à l’égard de trois joueurs de Manchester United, Borussia Dortmund et l’A.C de Milan que les supporters japonais admiraient. Ces joueurs étaient importants pour eux mais, qu’importe, Vahid les avait laissés sur le banc de touche ce qui les excluait du groupe. En outre, il prenait tout le monde de haut. Même scénario qu’avec nos deux joueurs internationaux.
Or, les Japonais ne badinent pas avec le respect. Ils n’ont pas baissé la tête, n’ont pas continué à se prosterner et à tergiverser pendant des mois. Avec eux, ça n’a pas traîné, Vahid a dû faire ses valises.
Depuis son départ, seuls des sélectionneurs japonais entraînent l’équipe nationale. Malgré leur occidentalisation, les Japonais ont gardé leur totale dignité… C’est tout ce que nous avons perdu, à savoir que nous sommes défaillants depuis des lustres car nous faisons passer la frime et le profit avant notre sens de l’honneur.
Dans toutes les grandes nations footballistiques, le coach vient du cru. Il suffit de regarder autour de nous. Prenons exemple sur nos voisins espagnols ; adoptons les pratiques de nos anciens bienfaiteurs français, des Allemands, des Italiens, des Sud-américains et bien d’autres nations d’envergure : ce sont leurs anciens joueurs qui prennent le relai pour conduire l’équipe nationale.
Pourquoi nos décideurs sont-ils à ce point inconscients et n’en font-ils qu’à leur tête ?! Après le parcours surprenant et formidable de Zaki, pourquoi refuser aussi obstinément de faire confiance au meilleur des nôtres ?
Selon moi, la règle pour diriger notre équipe nationale, c’est de ne sélectionner que d’anciens joueurs qui ont mouillé leur maillot pour elle, Il faut les soutenir et, si c’est nécessaire, les envoyer apprendre le métier de coach, j’en conviens, spécifique, avec des professionnels internationaux chevronnés. Nul n’est prophète en son pays mais quand même!
Grâce à Walid Regragui, rien ne sera plus comme avant, cette époque est maintenant révolue. Avec lui, je sens qu’on est en bonne voie. D’ailleurs, nous sommes déjà gagnants : pour la première fois, l’avis des supporters marocains a compté, on ne se tournera plus vers les sorciers blancs.
Avec Regragui, le peuple marocain a déjà gagné un match, celui de rejoindre les autres grandes nations qui défendent leur propre football. Chez nous comme chez eux nous aurons un des nôtres, nous serons au complet, que demande le peuple?
Plus jamais un non Marocain comme douzième homme.
Nada mas!
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Autre article sur le football à lire…
=>> Réflexions sur la finale de la CAN et la gestion technique du coach Regragui
=>> Double honte et Carton rouge au journal L’Équipe et à Grégory Schneider