
Lettre ouverte à Lee Jeffries et à Nelis de Jager
Puisque ce malhonnête l’a effacé et m’a bloqué (Facebook), je le-reposte ici le texte qui lui était destiné. J’y ajoute ma réponse à Nelis de Jager, surprise de ma réaction.
Plagiat et pillage esthétique dans la photographie
Copier maladroitement mon travail ne serait qu’une chose banale dans un milieu où tout le monde pille tout le monde, si vous ne faisiez croire à vos followers – qui n’ont pas tous les yeux pour discerner le vrai du falsifié – que vous êtes l’inventeur de cette esthétique. Une esthétique dont, d’évidence, vous ne savez rien tant vos images sont figées, posées, aux antipodes de la démarche dont elle est issue et que je poursuis depuis des décennies. Rassurez-vous, comme copieur, vous avez de l’avenir.

Réponse à Nelis de Jager : l’authenticité contre la copie
La réponse est dans votre question : une image ne devrait jamais reproduire à l’identique l’œuvre d’un artiste prédécesseur.
Une image vivante est unique parce qu’elle est née du geste de son créateur à un instant donné. Sa copie est sans âme. Des copieurs, j’en vois partout et cela me laisse en général indifférent mais parfois, à force d’en voir, je les perçois comme un jardinier qui tomberait sur des mauvaises herbes dans ses plantations,
Je sais bien que ces déloyaux n’iront pas bien loin parce qu’ils ne sortiront jamais de la même image fixe. La raison en est qu’ils se sont bornés à voler l’esthétique d’un véritable artiste : ils n’ont rien investi ni en tant qu’humain ni en tant qu’artiste. Je n’ai envers leur pratique qu’une sorte d’écoeurement.
L’image vivante, l’élan, et l’imposture de la pose
L’image figée d’un sujet immobile signifie pour moi qu’il y a projet de pillage. Il s’agit de la rendre semblable à une photographie née dans l’élan, du réel et du mouvement, à l’arraché, non de la pose. Sans le mouvement, sans la coïncidence, il n’y a pas de vraie photographie.
A la vérité, ce pickpocket qui se fait passer auprès de ses followers et de ses lecteurs – puisqu’il publie aussi des livres – pour l’inventeur de cette esthétique, commet une « escroquerie » et c’est un délit.
D’autres l’ont fait avant lui, y compris les plus grandes agences publicitaires pour les plus grandes marques. Toutes grandes qu’elles soient, ce qu’elles ont produit reste qualifié de « faux » lequel est puni par la loi. Plus violent encore et scandaleux à mes yeux, l’immoralité de vivre du travail des autres parce que, pour arriver à ce niveau-là, les vrais artistes ont joué leur vie. Ceci ne semble, hélas, guère vous indigner.
Mais, que feriez-vous si quelqu’un s’introduisait chez vous par effraction pour vous piller ? Rien ? J’en doute.



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