Lettre ouverte à une fondatrice-directrice de publication qui ne se reconnaîtra sûrement pas

Marrakech Express

Au nom de quoi, t’es-tu permis de défigurer à coup de gribouillages mon œuvre avec cette arrogance qui t’est propre ?! Je n’en ai pas cru mes yeux.

Qu’est-ce que l’art pour toi qui t’en revendique pourtant l’experte à qui mieux mieux pour ainsi patauger dans le mien?

Qu’est ce qui te rend à ce point aveugle face à lui?

J’hésite entre manque d’instruction et l’éternel système traditionnel familial de moudre du blé, votre pain quotidien auquel vous ne mettrez jamais fin.

Malchance pour toi, mon art n’est pas un vulgaire produit de consommation.

Malchance pour moi ou pas : ton esprit corrompu te fait voir le vrai artiste comme un faux et le faux comme un vrai…

Qu’avais-tu de plus important à faire qu’un travail approfondi sur l’exposition dont tu as l’honneur d’être la partenaire du musée qui l’organise?

Devrais-je m’effarer que tu puisses jouir de ce partenariat alors que tu rejettes mon travail sans que personne ne s’en offusque ni que ton amour propre ne t’incite à t’en retirer?

Par ailleurs, t’aurait-il échappé qu’il en va de l’image du musée de Sa Majesté, du travail de ses équipes mais aussi de la confiance que tes lecteurs mettent en toi?

Sans oublier qu’il s’agit de l’œuvre de toute une vie, la mienne, loin des compromissions, des faux-semblants et des faux-culs avec lesquels il semble que tu sois de mèche.

Et ce n’est pas faute d’avoir accordé beaucoup de mon temps à ton estafette-pseudo journaliste à peine capable d’aligner la poignée de lignes copiées-collées d’un entrefilet insignifiant.

Une exposition majeure s’ouvre chez toi et tu préfères flatter les Rencontres d’Arles, ça, c’est original.

Dis-moi, chose nuisible à la culture de ton propre pays, la déontologie et le respect de l’artiste, tu connais?

Il m’est, décidément, difficile d’imaginer le degré de nullité et de ressentiment qui t’accuse plus que tout ce que je pourrais écrire et qui m’indiffèrerait si cela ne venait pas de l’une de mes concitoyennes.

Une concitoyenne présumée éclairée dont l’organe n’est en fait qu’un site de propagande pour l’esthétisme formaté à l’occidentale, nos anciens bienfaiteurs colons n’en n’auraient pas demandé autant.

C’est ce qui me peine dans cette si médiocre affaire : qu’il en soit ainsi dans mon pays.

Mon pays qui, Dieu merci, m’offre de magnifiques rencontres avec ces visiteurs de tous âges, de toute nationalité, qui m’abordent spontanément pour en savoir plus, toujours plus, sur mon geste de création… Au fond, ce sont eux mes compatriotes, plus encore, mes véritables amis…

Ma fierté.

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