VOYAGE AU VATICAN pour la création de treize nouveaux cardinaux : Concélébration eucharistique présidée par le Saint Père François

Cérémonie au consistoire du 5 octobre 2019,  Basilique Saint-Pierre, Vatican

Voyage au Vatican pour la création de treize nouveaux cardinaux

Lors de notre dernière rencontre à Rabat, à la faveur de l’exposition de mes photographies « Prière des hommes » dans la Cathédrale Saint-Pierre en avril, Monseigneur Cristobal Lopez m’avait honoré d’une invitation à cette concélébration au Vatican :

Quelle heureuse nouvelle pour moi ! J’avais ensuite reçu un mail de confirmation qui me demandait de me rendre le 5 octobre 2019 devant l’Obélisque, place Saint-Pierre, pour recevoir trois invitations.

M’y voilà.

Je reconnais aussitôt Monseigneur Cristobal qui accueille ses amis, me remercie chaleureusement de ma présence et remet à tous les invitations : une pour la cérémonie au consistoire à 16 h, prolongée d’une rencontre personnelle avec notre nouveau cardinal dans la salle d’audiences Paul VI, une autre pour la messe du dimanche matin à 10h et, enfin, la troisième, pour le buffet qui s’ensuivra dans l’atrium de la salle Paul VI.

La cérémonie dans la Basilique Saint-Pierre présidée par le Pape François

A 15h30, la foule des invités se presse à l’entrée pour un contrôle très serré : je présente mon invitation avant d’être confié au chef du protocole qui m’installe dans la basilique.

A peine entré, me revient en mémoire le jour des obsèques de Jean-Paul II où, par une extrême chance et sans aucune habilitation, je m’étais retrouvé devant son cercueil ouvert. Combien alors j’avais été remué en découvrant l’empreinte de la douleur sur son visage qu’enfin la mort soulageait. Je garderai longtemps cette image en moi.

Avec Monseigneur Cristobal Lopez

Ce 5 octobre 2019, je me retrouve donc, de nouveau, dans le cadre grandiose de la basilique Saint-Pierre où Sa Sainteté le Pape François va présider à la ‘création’ de treize cardinaux,

Un quart d’heure plus tard, s’annonce notre représentation marocaine : deux ministres en djellabas blanches de notre pays, signes de notre identité nationale en ce lieu et en cet instant si extraordinaires. Je ne suis pas peu fier de cette preuve que les fidèles de tous les cultes peuvent pratiquer leur foi chez nous dans un respect mutuel.

Cette fierté fait naître, en cet instant, un autre souvenir fort pour moi, celui de l’élégance avec laquelle notre ambassadeur, Tajeddine Baddou, informé que j’exposais à Bologne en 2006, avait fait le déplacement en compagnie de sa femme, Marie-Ange…

L’entrée du Pape déchaine un tonnerre d’applaudissements fervents. La cérémonie peut commencer.

Elle s’ouvre par l’explosion céleste d’un chœur qu’accompagnent des cuivres nichés au dessus de nos têtes dans les balcons. C’est magnifique, je suis transporté. Dans son homélie, un cardinal rappelle la mission de l’église dans notre monde en crise.

Quand vient son tour, Monseigneur Cristobal se dirige vers le Saint-Père, des prêtres lui remettent les attributs de son élévation. Je devine que le Saint-Père lui exprime sa confiance lorsqu’il le prend dans ses bras avec une grande humilité. Je ne serai jamais assez reconnaissant envers notre cardinal Cristobal de m’avoir fait vivre d’aussi près ces moments de foi chrétienne.

Pour me présenter, j’ai remis à nos deux ministres le carton d’invitation de « Prière des Hommes » qui réunissait une sélection de mes œuvres dans la cathédrale Saint-Pierre de Rabat à l’occasion de la visite du Pape François, il y a quelques mois.

Assis juste derrière le ministre des Habous et du culte, je remarque, avec amusement que, par accident, mon beau carton gît sous sa babouche jaune. Je me baisse, tente de le sauver et de le sortir de là. Rien à faire. J’insiste. Chacune de mes tentatives de le récupérer tétanise le garde du corps debout juste derrière moi. D’évidence, il ne comprend pas ce qui me pousse à passer ma tête sous cette chaise au lieu de suivre la cérémonie. A peine le ministre s’est-il levé que je m’empresse de récupérer ce carton auquel je tiens tant. Aouili! Aouili! Comme dirait ma tante.

La cérémonie terminée, je me dirige devant l’entrée de la salle d’audiences Paul VI. la foule grossit. Je profite d’un vif échange entre l’agent de sécurité et le garde du corps d’une personnalité pour me glisser derrière une équipe de télé, et prendre tranquillement mes photographies.

Rencontre avec le Cardinal Cristobal Lopez et moments forts de cette journée

Je suis enfin devant notre cardinal Cristobal. Mais pas seul. Une file de personnes attend déjà.

Encerclé par les photographes, les cameramens, je l’observe qui s’adresse toujours sur le même ton fraternel aux inconnus, à ses amis, à sa famille, tous venus lui rendre hommage et lui témoigner leur affection. Certains fidèles, surpris de l’accueil que me réserve Monseigneur Cristobal, me demandent d’où je viens.

La sincérité de Monseigneur Cristobal, sans apprêt, me rappelle les prêtres-ouvriers qui nous apportaient des vivres, nous aidaient à sortir de la boue et à faire nos devoirs quand nous habitions le bidonville de La Courneuve.

Un hommage au rôle du Cardinal Cristobal Lopez pour le dialogue interreligieux

Des chants patriotiques retentissent, sans esprit guerrier. Quel enthousiasme ont ces gens simples, quelle confiance, quelle joie abondante se lit sur le visage de ces dizaines de fidèles associés au bonheur du Cardinal Cristobal sur le chemin de Dieu. Quel esprit d’unité et de simplicité, quel décalage avec la pompe de la cérémonie dans la Basilique.

Que le Pape François soit remercié pour le don, sur une terre musulmane, d’un aussi formidable médiateur que Monseigneur Cristobal, véritable pont à lui tout seul entre le monde des chrétiens et le nôtre.

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