LETTRE OUVERTE À MONSEIGNEUR CRISTOBAL LOPEZ

Visite du Pape François à l’Cathédrale Saint-Pierre, Rabat

Une lumière s’est éteinte.
En ce jour où l’amertume s’acharne à me submerger, je voudrais vous témoigner mes plus sincères condoléances et partager votre peine à ma façon.

Religions du monde, Regensburg

Je n’en ai qu’une : me souvenir.

Ainsi, dès que Sa Sainteté, à vos côtés, est apparue dans la cathédrale Saint-Pierre de Rabat, j’en témoigne, il a rayonné sur les fidèles comme si la lumière vive du soleil extérieur était entrée avec lui et baignait la nef. Il m’a alors semblé que c’était sa sainteté même qui se manifestait au travers de l’ovation bouleversée des fidèles, métamorphosés, bienheureux, unis dans leur élan vers lui.
Grâce à vous, tout proche du pape, j’ai ressenti la modestie qu’il portait en lui, l’amour qu’il éprouvait pour ces personnes pieuses dont ses paroles éclairaient le visage. J’ai senti la divine ardeur les saisir, et j’ai vu le lien sacré qui les unissait à cet homme prédestiné à devenir un saint. J’ai partagé alors, avec les fidèles, des sentiments inconnus de moi, intenses, inoubliables.

Prières ferventes, funérailles de Jean-Paul II, Vatican

Par la suite, vous m’avez invité, moi, le musulman, à une concélébration eucharistique au Vatican. Je revois, comme si c’était hier, le Saint-Père vous prendre dans ses bras avec humilité. J’entends encore sa voix simple vous combler de ses bénédictions.
Cristobal, je ne vous remercierai jamais assez de m’avoir fait vivre d’aussi près ces moments de foi chrétienne.

Moi qui suis fort éloigné du Vatican, je ne savais du pape François que son voyage à Lampedusa, où il avait mis toute son énergie à défendre ces malheureux qui traversaient la mer au péril de leur vie. Il s’était mêlé à eux comme s’ils lui avaient été confiés par Dieu. Par ce geste, il leur avait donné le sentiment profond de sa protection. Il n’était pas resté aveugle, sourd et muet à leur tragédie.
Selon le Fils bien-aimé, chacun n’est-il pas le frère de l’autre ?
S’engager aux côtés des souffrants, n’est-ce pas l’essence même de la chrétienté ?
Pour le Saint-Père, il était contradictoire d’être chrétien et de ne pas se préoccuper des malheureux. Le Saint-Père était, à lui seul, un pont entre tous les hommes.
Il ne respirait que pour eux.

Prières ferventes, Funérailles de Jean-Paul II, Vatican

Comment ne pas admirer son engagement pour la paix, opposé qu’il était à toutes les guerres — en Ukraine, au Congo… opposé au génocide à Gaza ?
Cet engagement constant a ravivé l’esprit chrétien partout dans le monde, qu’il a empli d’une force nouvelle.

Le pape François a émerveillé les pauvres gens. Son humanité m’a laissé des émotions infinies. On ne peut qu’accompagner son souvenir d’une profonde reconnaissance. C’était un homme à l’évidence très rare.

Adieu au plus généreux des papes.

Prières ferventes, Funérailles de Jean-Paul II, Vatican

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