
Depuis ma plus petite enfance, je me sens uni aux gens de mon pays. C’est ce qui me pousse à écrire ce qui suit pour les éclairer sur une duperie inacceptable dans le milieu des arts supposés nobles.
Encore une.
Je ne sais pas s’il me faut écouter mon cœur et accomplir ce que mon devoir de citoyen exige de moi, c’est-à-dire dénoncer cette nouvelle embrouille «artistique», ou me taire et rigoler dans ma barbe des mésaventures du sinistre sire dont il s’agit. Ce que je sais, par contre, c’est que mon grain de sel dans cette marmite bien peu ragoûtante, déclenchera un sursaut de toutes les haines contre moi.
Comme à chaque fois qu’on est comblé par un acte royal, celui-ci est détourné. Kidnappé par les poissons rouges d’apparence inoffensive qui tournent dans les bocaux pseudo-culturels. À l’affût, l’air de rien, ils s’approprient le moindre des projets sans remord. Et nous retombons toujours sur le même phénomène : au final, le choix se porte sur le plus nul des nuls ou sur un rejeton de bonne famille pour que ceux qui les manipulent dans l’ombre en tirent les meilleurs avantages.
Ah, c’est sûr, leur carte de visite dégouline de titres fameux puisqu’ils s’auto-proclament tout à la fois. Celui que je nommerai ci-dessous, par prudence, Bling-Bling, à lui tout seul, c’est un souk.

Venons-en aux faits.
Ils sont relatifs à la participation du Maroc à la Biennale de Venise 2024 dans un pavillon national. Une grande première et une formidable nouvelle.
Très vite après son annonce officielle en septembre 2023, Bling-Bling s’arroge dans la presse la direction de l’équipe artistique et claironne qu’il met « les femmes à l’honneur ». La preuve : « Il » a choisi d’en exposer trois. Mais alors pourquoi le commissaire – Bling-Bling lui-même – n’est-il pas une femme ?
Entre nous, les figurines qu’impose alors Bling-Bling ont des capacités de création à peu près égales à zéro. Sauf qu’elles font partie de son étable. Car ce qui compte pour lui, c’est l’alibi qu’elles constituent et derrière lequel Bling-Bling se planque pour écarter ceux/celles qui lui déplaisent. Autrement dit, qui lui font de l’ombre. Opposer l’Art à l’Égalité des sexes, fallait oser. Hélas, dans mon pays, plus c’est gros, mieux ça passe.
Comme si l’art dépendait du sexe et de la couleur de la peau. Je le reconnais, les femmes ont trop longtemps été sous estimées, tenues loin de la reconnaissance du public, en raison de leur sexe. Cependant, ne vous y trompez pas, ici, pas une once d’avancée vers l’égalité. Pire : à exposer des nulles, ne prouve-t-on pas, au contraire, que les femmes sont indignes de l’honneur qu’on leur accorde ?
Au final, n’est-ce pas discriminatoire ?
Les trois marionnettes de Bling-Bling se contentent de suivre LE marché de l’art, de reproduire ce qui a du succès. Elles n’expriment rien du tout. Or, ce qui intéresse le public, c’est la force de l’œuvre, seule à le bouleverser ; c’est la puissance et la beauté du message qu’elle lui murmure, de cœur à cœur, à l’écart de toutes les modes.
Mais qu’importe tout ça à Bling-Bling. Ce qui compte pour lui au moins autant que le pouvoir associé au poste qu’il croyait avoir obtenu, c’est de capter la lumière. Au point de claquer son propre pognon !
Non, on ne pleurera pas, il n’en manque pas à force de se goinfrer.
Je l’avoue, dès son annonce, j’ai déploré la nomination de Bling-Bling.
Pour deux raisons.
D’abord, parce qu’elle est injuste. Elle prive quiconque dispose des moyens professionnels, intellectuels et culturels, d’assurer une telle responsabilité et d’exercer son métier hors de la portée et de la pression des manigances, fléau de notre pays.
Ensuite, parce qu’elle muselle ses « concurrents » artistes. Les authentiques qui le débordent de leur vérité. Les indomptables qui ne plient pas devant lui bien qu’ils connaissent la sentence : leur travail sera étouffé dans l’œuf, leur réputation, détruite.
Dès le début, Bling-Bling en contourne les règles. Sans vergogne. Au diable, le code moral. Bling-Bling vole largement au-dessus de ces broutilles. Il entraîne une équipe et un trio de majorettes qui y croient et croient respecter les règles. Mais les dés sont pipés. Quel mauvais gag que ce faux « fait du prince »!
Quelle honte pour nous, Marocains. Quel préjudice pour notre image que ces nouveaux petits arrangements entre amis qui éclatent au grand jour et font la risée du « milieu » international.
N’est-ce pas la fois de trop ? Si seulement le vent tournait ?
Bling-Bling, dans ta bafouille pathétique, lue et relue pour bien la comprendre, tu hurles à l’injustice. Les personnes que tu as compromises avec toi s’insurgent et te trahissent aujourd’hui… Mais ce n’est qu’un juste retour de manivelle.
Te voilà l’arroseur arrosé.

À ton âge, avec ton expérience, à qui feras-tu croire que tu ignores la valeur d’un contrat ?
Si tu en as signé un, pourquoi ne pas attaquer en justice ton co-signataire ?!
Contrat signé ou non, quelles étaient les raisons du choix de ce personnage sans l’envergure et l’expérience requises, par qui et dans quelles conditions ?
Nous avons le droit de savoir.
Et s’il existe un contrat signé, nous avons aussi le droit de l’attaquer.
Bling-Bling flippe. Hystérique, il récrimine alors qu’il s’est démasqué tout seul. L’occasion était trop belle et les journalistes sont si complaisants!
Car le comble, dans cette embrouille, c’est le jeu de la presse.
Vérifier l’information avant de la publier, s’intéresser à son sujet, on est d’accord, c’est démodé. La critique en art n’existe plus. Le scribouillard y est, au mieux, un haut-parleur, au pire, un agent publicitaire. Il a abandonné ce qui fait son métier, il n’a plus de regard et n’entend que la voix du bakchich.
Ici, personne ne recherche l’origine de la duperie ni sur la base de quoi ou l’assurance de qui, Bling-Bling s’est autant avancé. Est-ce un secret de Polichinelle ? Serait-ce si dangereux ?!
Dans l’article du journal « Le Monde », version marocaine, on sent qui parle derrière la gratte-écran : c’est Bling-Bling lui-même. Quant à celui de « Diptyk », on ne présente plus son auteure.
Un événement aussi attendu que la première véritable contribution du Maroc à la Biennale de Venise SANS appel à projets et/ou candidature ? Sans un jury composé de professionnels garants de son indépendance et mandaté pour en sélectionner le lauréat ?! Qui en rêve encore ?
Moi.
Bien seul à défendre à voix haute l’honneur des miens.
Pour finir, un clin-d’oeil. Le Mahi-Mahi est un requin réputé pour son appétit vorace et impitoyable, il évolue le long des côtes du Chili. Alors, prenez vos précautions même d’aussi loin.
En ces temps déréglés, un homme ou une femme averti(e) en vaut deux!
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